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les plus courtes...

UN RUSER PLAIDOYER

"il ne faut pas courir deux lèvres à la fois" revu et corrigé par Honoré de Balzac.

Balzac avait-il de l'humour? 

MAis oui! même si cela ne saute pas aux oreilles.... Honoré de Balzac, l'auteur par excellence de nos fraîches années de lycée, n'avait pas sa pareille pour le second dégré... Las! Que ne fut-ce ce côté du maître que nos professeurs lettrés nous l'aient enseigné.

Sans doute ne nous serions nous pas tant ennuyés...

Pour Balzac comme pour d'autres, du reste...

Ainsi ai-je imaginé d'après cet adage transformé, le rusé plaidoyer d'un coquin fieffé pris sur le fait 

"Pardonnez que pour me défendre je doive vous blâmer un peu, vous les femmes, de m'avoir trop dorloté, aimé, flatté ! Moi, qui n'étais rien à la naissance ; laid, bleu, criard, potelé, que l'on mit, les yeux encore fermés, innocent des plaisirs, au tendre d'un sein gorgé de nectar ! Auquel, silencieux et par obéissance, corps et âme je me suis voué ! Quel malheur pour moi qu'il y en eut deux ! Et que, de l'un à l'autre, l'on me portât afin qu'aucun ne fusse lésé ! Le dilemme enfin de ne plus savoir lequel était le plus goûteux ! Alors à qui la faute ? Et le son doux m'est venu, du mouvement de mes lèvres, dans le creux de ma langue, le téton juteux, débordant de ce miel liquoreux tout à ma bouche, tandis que ma main fermement pressait, chacune à son tour, la gourde pour l'épuiser. Sans cesse j'y retournais sans pouvoir me décider ! Deux anges me visitaient, l'ivresse déjà me rendaient radieux à tous vos regards. 
J'entends toujours ce joli et rond clapotis, lorsque je vais à la source de vos envies. Et sachez, que c'est vous, au contraire de ce que vous pensez, qui me possédez. 
Que ne m'ait-on jamais fait téter ces deux mères, j'eusse été différent sans doute et je ne serais pas là ; en accusation ! Que savais-je moi, qu'il fallait choisir, entre deux mêmes voluptés ?
Vous me dites qu'un jour je devais souffrir qu'on me fisse le mal que j'ai fait, que l'on périt par le glaive lorsqu'on en a vécu longtemps... De quel glaive parle t-on ? Le mien vous a servi et vous n’eûtes pas à vous plaindre ! Vous aurais-je fait mourir autrement que de plaisir ? Allons ! Si nous étions raisonnables, unis dans l'intelligence, nous serions admirables... tous les trois. Au lieu qu'aujourd'hui vous me réclamiez je ne sais quelle réparation et me parliez de droit.
Soit! Me voilà devant vous, à genoux presque, vous suppliant de m'entendre.

Faut-il que je choisisse d'abandonner, l'une ou l'autre, superbe, délicieuse? ou bien toutes les deux ?

Changeons donc ce monde où l'on dit qu'il ne faut pas courir deux lèvres à la fois... c'est une chimère qui empêche de tout goûter et la seule punition n'en est que l'amertume, le regret. Les règles sont écrites pour les exceptions ! Et l'on est ignorant de n'avoir pas su l'expérimenter. 
Punissez-moi et c'est vous que vous punissez, par la croyance en l'exclusivité d'une chose qui ne peut être que partagée... L'amour, votre serviteur..."

 

 

UN RUSER PLAIDOYER