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Le feuilleton à suivre

Il n'y a pas d'âge pour l'amour

 

 J'appréciais beaucoup Esther elle ne s’épanchait guère, n'était pas susceptible, encore moins pudibonde et ne me parlait pas comme à une dézinguée. J'en vins peu à peu à lui confier mes interrogations et mes expériences touchant à mon intimité.

Je me souviendrai toujours de notre première discussion à propos du plaisir, au tout début de notre rencontre, j'en étais qu'aux balbutiements de ma libération. C'est une manifestation de la nature animale qui nous y mena ; sur le chemin de la maison, je remarquai deux chiens l'un sur l'autre. Celui du dessus s'agitant prestement. Je demandai :

« regarde! ils sont en train de...»

« Copuler, oui, ils font ce que leur nature leur ordonne. » me répondit Esther.

« Ce que la nature leur ordonne ... »

« Tu sais ce qu'est la reproduction, n'est-ce pas ? »

« Évidemment ! » lui rétorquai-je, un peu véxée.

 

La venue précoce de mes premières règles, avaient donné lieu à quelques explications de la part de ma mère, surtout quant au but et aux conséquences.

Mes parents ; catholiques, pratiquaient leur foi comme on pratique un sport. Ils étaient des commerçants, sympathiques, appréciés de la communauté, certes. ils tenaient une épicerie qui résistait depuis trois générations et même cela tenait-il du miracle après l'installation de deux supermarchés à chaque extrémité de la ville. Le sujet de mon changement fut bien vite clos, mes parents m'annoncèrent d'une seule voix que « j'étais bien trop jeune pour prétendre que cet événement fût le commencement de ma vie de femme ».

Je lisais beaucoup, j'aimais les sciences et, bien sûr, j'avais entrepris de mon côté, quelques recherches.

On ne doit pas juger ses parents, pourtant je les trouvais quelque peu arriérés pour tout ce qui concernait « les choses du sexe ». Je ne me souviens d'ailleurs pas, avoir entendu une seule fois, de bruits suspects venant de leur chambre, qui jouxtait la mienne.

 

 

« Evidemment ! Je ne t'apprends donc rien» me dit Esther

« Heureusement notre nature ne nous ordonne pas de la même manière... »

Esther pensa que cette affirmation réclamait une explication.

« Eh bien...en effet, nous ne sommes pas des animaux, en l'occurrence, nous préférons faire cela en relative intimité, surtout pour le plaisir et pas forcément pour nous reproduire, mais, crois-moi, cela n'a pas toujours été le cas ! Ainsi du XVIIème jusqu'à la fin du XIX siècle, pour le commun, le corps fut doctement et politiquement docilisé, soumis, utile. La recherche du plaisir de la chair était strictement limitée à la reproduction, entre époux cela va de soi ! Concernant le désir, la masturbation, et certaines pratiques sexuelles ; il s'agissait de perversité, de déviance, de débauche etc. »

- « Boire sans soif et faire l’amour en tout temps, madame, il n’y a que ça qui nous distingue des autres bêtes »*

- je vois que tu as de bonnes lectures.

- Et j'ai une excellente mémoire.

Mais, je n'avais encore qu'une vague idée du plaisir dont parlait Esther.

« Le plaisir se réfère – en divers degrés- à certaines émotions que tu connais peut-être déjà...

« je me souviens avoir ressenti des frissons, la première fois que je me suis touchée, mais je ne suis pas allée plus loin que quelques caresses»

« Était-ce désagréable ? »

« Etrange mais pas désagréable du tout ! »

« Imagine ressentir cette émotion au centuple ! Bien! Veux-tu encore regarder ces chiens ou bien nous rentrons ? »

Voilà comme était Esther, nullement étonnée par mes interrogations et même les encourageait-elle. Bien entendu, mes parents ne seraient jamais au courant de nos entretiens, c'était donc en toute liberté que je lui confiais :

« Je ressens un trouble curieux de les voir ainsi »

« C'est normal ! surtout ne refrène rien ! ne culpabilise pas ! cela pourrait gâcher ton avenir »

« Que veux-tu dire par là ? »

« Eh bien, qu'en général, les frustrés font de bien mauvais vivants »

« Moi, je veux être bien vivante ! »

« Comme tu as raison !»

« Ces choses que je dois pas refréner, j'aimerais aussi les contrôler ou les provoquer! Je ne veux pas me laisser diriger par la nature mais bien au contraire être maître de moi et mes actes »

«Bon dieu ! C'est excellent! Quel âge as-tu donc ? ».../

EPISODE III